Poules d’ornement : mauvaise pioche si on veut des œufs ?

Si l’aptitude à la ponte n’est pas un critère primordial à retenir dans le choix d’une poule d’ornement, il n’empêche que certaines d’entres elles n’ont pas à pâlir de la crête devant les volailles fermières reconnues pour leur qualité de pondeuses !

Revue de détail des poules naines qui peuvent satisfaire les amateurs d’œufs frais…

Si elles se distinguent des volailles fermières par la beauté de leur plumage et leur adorable format miniature, les poules d’ornements ne doivent pas pour autant être choisies uniquement pour leur look ! Plutôt rustiques dans l’ensemble, souvent faciles à domestiquer, un certain nombre d’entre elles sont aussi une excellente alternative quand on dispose d’un espace limité et que l’on souhaite profiter de leur joyeuse compagnie et de bons œufs frais !

Caractéristiques des poules d’ornements

Race

Taille et poids

Origine

Rusticité

Aptitude à la ponte

Caractère

Ardennaise

15 à 25 cm

550 g

Belgique

Très résistante

Moyenne : 120 à 150 œufs par an (à coquille blanche). Poids : 38 g

Vive, indépendante, s’échappe facilement, mais apprécie le confort du poulailler.

Araucana

30 à 45 cm

1.6 à 2 kg

Amérique du sud

Bonne

Faible : moins de 100 œufs par an.

Poids : 50 g

Très facile à apprivoiser, elle devient vite familière !

Barbue 

15 à 25 cm

550 à 600 g

Belgique

Bonne, à condition de la protéger de l’humidité (abri et parcours herbeux bien secs)

Faible, mais tôt au printemps. Poids : 35 g (coquille presque blanche)

Calme, curieuse, sociable et affectueuse, elle ne fait aucun dégât au jardin !

 

Chabo (Nagasaki)

15 à25 cm

500 à 600 g

Japon

Très moyenne, craint énormément l’humidité

Faible

Poids : 30 g

Très calme, s’apprivoise facilement. Ne gratte pas le sol.

 

Hambourg

Demi-naine : 30 à 40 cm (il existe aussi une variante naine)

1.5 à 2 kg

Allemagne

Bonne

Bonne : 170 à 200 œufs par an (140 pour les naines)

Poids : 50 g (coquille blanche)

Vive, autonome, vole facilement.

Hollande à Huppe

25 à 30 cm, autour de 700 g (existe aussi en demi-naines)

Pays-Bas

Bonne

Moyenne (pond surtout au printemps). Poids : 35 à 40 g (coquille blanche)

Placide, facilement effrayée à cause de sa mauvaise vue, tendance à voler. S’apprivoise bien.

Leghorn

Demi-naine : 30 à 45 cm

1.75 à 2.5 kg

Italie

Excellente

Très bonne : 250 œufs par an en moyenne. Poids : 55 g (attention : elle pond n’importe où !)

Nerveuse et vive, vole volontiers, sociable avec les autres.

Padoue

Demi-naine

Grande-Bretagne

Moyennes, craint énormément l’humidité

Moyenne

Poids : 35 g (coquille blanche)

Docile, assez familière, très sensible au stress, n’aime pas la boue ni les grands espaces.

Pékin

25 à 30 cm

600 à 700 g

Chine

Bonne, mais attention aux parasites !

Moyenne

Poids : 35 g (coquille teintée)

Calme, curieuse, devient vite familière au point de suivre ses éleveurs comme un petit chien !

Sabelpoot

25 à 30 cm

Poids : 650 g

Pays-Bas

Bonne, mais elle craint l’humidité !

Assez bonne

Poids : 35 g

Calme, s’apprivoise facilement, idéale dans un jardin !

Sebright

15 à 25 cm

500 à 600 g

Grande-Bretagne

Bonne

Faible

Poids : 35 g

Nerveuse et farouche, vole assez bien et craint les enfants et les animaux domestiques.

Soie

(Nègre soie)

Autour de 30 cm, 1.4 kg

Chine

Bonne, mais craint l’humidité !

Très moyenne : autour de 100 œufs par an. Poids : 35 g (brun clair ou crème)

Calme, attachante, ne vole pas.

Wyandotte

Naine (existe aussi en grand)

25 à 30 cm,
1 kg

Etats-Unis

Excellente

Bonne

Poids : 45 g

Douce et curieuse, elle s’apprivoise facilement.

Les précautions à prendre pour optimiser la ponte des poules d’ornement…

Une alimentation adaptée

Les poules naines ayant une petite tendance à l’embonpoint (plus encore celles qui sont issues de la nanification d’un race telle que l’Araucana); d’autant plus quand elles ne disposent pas d’un vaste parcours herbeux à arpenter, il est important de leur fournir une alimentation équilibrée. Les mélanges complets que l’on trouve dans les magasins spécialisés couvrent l’essentiel des besoins de ces volailles en protéines, glucides, oligo-éléments et sels minéraux, tout en contribuant à la beauté de leur plumage. A défaut d’opter pour un aliment « spécial poules d’ornement » (en respectant la dose indiquée qui est de l’ordre de 130 g par jour et par poulette), il est aussi important de veiller à ce que les granulés ne soient pas trop gros de façon à faciliter la digestion, d’où l’intérêt d’opter, comme certains éleveurs le font, pour ceux que l’on donne aux faisans et perdrix. La végétation qu’elles trouvent sur leur parcours herbeux, ainsi que les insectes et les vers qu’elles adorent picorer, constituent, comme pour les autres poules, un bon complément, tout comme les épluchures de fruits et de légumes qu’on peut leur fournir à l’occasion.

Des conditions d’élevage adéquates

Si les conditions de logement ne sont pas différentes de celles requises pour les autres poules, des précautions s’imposent avec les races naines, à commencer par les perchoirs qui ne doivent pas être positionnées trop haut par rapport au sol, sous peine qu’elles ne puissent pas y grimper, à l’exception bien sur des races qui volent sans difficulté. Sinon, envisagez d’installer une rampe d’accès ! Par ailleurs, le plumage bouffant et les pattes emplumées de certaines races retenant davantage l’humidité imposent que le sol de l’abri et celui du parcours extérieur restent secs, quelques soit le temps. La solution : couvrir le sol en terre battue du poulailler de copeaux de bois ou de paillettes de lin et s’assurer que le parcours n’a pas tendance à devenir boueux en cas de pluie. Enfin, dernière précaution à prendre : évitez de mélanger les poules naines à des volailles de grande taille afin d’éviter les problèmes de cohabitation ; notamment les risques de picage dont peuvent être victime celles qui portent une huppe, telles que les padoues et les hollandaises.

Démêler le vrai du faux quant aux capacités de ponte des poules d‘ornement…

·        Elles pondent moins que les autres

Vrai et Faux !

Si on veut élever des poules uniquement pour avoir des œufs, il n’est pas recommandé de faire le choix de poules d’ornement qu’on accuse, parfois à tort, d’être de piètres pondeuses. En effet, si ces volailles de petite taille ne sont pas réputées pour être les meilleures pondeuses de la création, certaines d’entre elles ont une production suffisante pour satisfaire une envie d’œufs frais. En clair, là où les volailles de grande taille fournissent autour de 200 œufs par an (plus dans le cas de la poule rousse !), les meilleures pondeuses parmi les poules d’ornement peuvent en pondre jusqu’à 150… ce qui fait tout de même une moyenne de trois œufs par semaine. Pas si mal, non ?

·        Leurs œufs sont plus petits…

Vrai !

Les œufs de poule d’ornement sont effectivement deux fois plus petits que ceux des volailles de grande race, de l’ordre de 35 à 40 g contre 60 g en moyenne (plus pour ceux des marans qui pondent les plus gros œufs !). Qu’à cela ne tienne, leurs qualités nutritives et gustatives sont équivalentes, à une particularité près : les œufs de l’araucana dont la coquille est bleutée seraient beaucoup moins riches en cholestérol que les autres… Sans compter que leur petit format peut être du meilleur effet en cuisine, mollets, durs pour agrémenter une salade estivale ou frits à la poêle et servis sur un petit toast avec quelques feuilles de roquette et pétales de jambon fumé.

Source : Poules et Jardin - Numéro 2 - 2017

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