Faut-il forcément acheter une alimentation « spécial pondeuses » pour nourrir sa petite basse-cour ?

L’alimentation des poules étant essentielle à leurs bonnes performances de ponte, vous êtes nombreux à vous interroger sur la pertinence de les nourrir avec des aliments du commerce estampillés "spécial pondeuses".

Voici tous nos conseils pour vous aider à faire votre choix en respectant l'équilibre alimentaire de vos protégées.

Chacun aura remarqué que les rayons des animaleries se garnissent désormais de toutes sortes d'aliments et compléments alimentaires. "Aliment poussins", "aliment poulets de chair", "aliment finition", "aliment spécial pondeuses" ... Ils existent sous forme de graines, de granulés ou de farines. Mais voilà, on se demande souvent lequel choisir et pourquoi faudrait-il absolument le proposer à ses animaux ? Après un petit tour d'horizon des bases de l'alimentation, vous disposerez de quelques clés pour faire vos emplettes pour vos poulettes.

Les règles de l’alimentation en élevage « pro » s’appliquent-elles à un élevage familial ?

Que ce soit pour des poussins, des poulets de chair ou des pondeuses, une alimentation doit avant tout être variée et équilibrée.

  •          La variété consiste à offrir une grande diversité de graines de manière à ce que la volaille puisse disposer, sur le principe de tout ce dont elle a besoin (vitamines, oligoéléments, protéines ...).
  •          L'équilibre vise à satisfaire tous les besoins, dans les quantités nécessaires.

Les aliments, quant à eux, se regroupent en deux grandes familles :

  •          Les aliments énergétiques d'abord, qui regroupent les céréales (blé, maïs, seigle, avoine, orge ...) au faible taux de protéines, de même que les graisses.
  •          Les aliments protéinés ensuite, c'est-à ­dire : les oléagineux (colza, tournesol...) et les protéagineux (pois, féveroles ...).

Aussi, si la base énergétique est commune à tous les objectifs d'élevage, le taux de protéines brutes dans l'alimentation varie selon que l'aliment est destiné à des poussins, des poulets de chair ou des pondeuses aux besoins théoriquement différents. Ceci est vrai dans l'absolu et en élevage professionnel assujetti aux contraintes de production.

En élevage familial, par contre, on peut se dispenser d'un tel distinguo, qu'il est toutefois utile de connaître. L'objectif d'un élevage amateur étant essentiellement, pour la plupart d'entre nous, de profiter de la compagnie de poules au jardin et de la production de quelques œufs, l'aliment "spécial pondeuses" sera le mieux indiqué pour ces animaux. Il conviendra éventuellement aussi, pour quelques poulets de chair, de donner en plus quelques "gâteries" afin qu'ils se fassent un peu de graisse, ce qui serait par contre néfaste pour les pondeuses. Les poussins, quant à eux, ont besoin d'une alimentation spécifique.

Reste un dernier point à prendre en compte, auquel il convient d'ailleurs de prêter plus

d'attention : la "forme" sous laquelle l'alimentation doit être administrée aux volailles.

Avantages et inconvénients des différentes sources d’alimentation

  •          Les grains :

Soit vous composez vous-même votre mélange, varié et équilibré, à partir de grains divers que vous achetez chez un céréalier ou en coopérative, soit vous achetez ce mélange tout préparé dans le commerce. Si vous n’avez que quelques poules, le second choix peut s'avérer plus pratique et guère plus cher. Mais le problème avec le grain, c'est que la poule trie et que, de ce fait, l'équilibre initial de la ration n'est pas celui de son alimentation finale. Et c'est sans compter le gaspillage ...

  •          Les farines ou les granulés du commerce.

Granulés ou farines, il s'agit du même aliment sous deux présentations qui existent aussi en bio. Le granulé est nettement préférable. Avec la farine, il y a plus de gaspillage. Exit donc les formes en farine. Ce type d'alimentation a pour avantage de ne pas prêter le flanc au tri par l'animal. Ainsi, est-on sûr de l'équilibre de la prise alimentaire par ses volailles. Il a par contre un défaut : les granulés comme la farine ne permettent pas au gésier de remplir son rôle d'organe broyeur dont les sécrétions favorisent l'assimilation des aliments. Il se retrouve atrophié et on peut alors douter de leur bonne assimilation.

  •          Les restes.

Pour ceux qui ont régulièrement des restes de repas, c'est une excellente façon de les recycler et de diversifier, voire équilibrer l'alimentation de ses volailles. Les restes de viande, fromage ou poisson seront pourvoyeurs de protéines et les légumes crus sont de bonnes sources de vitamines.

  •          Dans la nature.

Si vous n'avez que deux poules et qu'elles ont accès à un grand parcours enherbé, il pourra leur fournir, à volonté et en permanence, toutes sortes de vers et d'insectes. Et alors, c'est le paradis pour les animaux ! Une petite ration de grain en plus sans s'inquiéter de l'équilibre et vos volailles se porteront à merveille !

Que penser des aliments du commerce ?

  •   À l'usage, ils sont plus faciles et plus pratiques que le grain qu'on achète chez un producteur.
  •   Évitez les produits bas de gamme quelle qu'en soit la forme.
  •   Préférez les aliments bio pour une meilleure qualité des œufs et aussi pour soutenir la filière.
  •   Ne finassez pas trop avec les différentes formules : les "spécial pondeuses" conviennent à toutes les volailles, sauf élevage spécifique de poulets de chair.
  •   Pour un meilleur équilibre alimentaire, choisissez plutôt des granulés.
  •   Mélangez-les, dès le départ pour habituer vos poules, avec du blé et un peu de sable grossier afin que le gésier travaille et permettre ainsi une meilleure assimilation des aliments.

Bio ou pas bio ?

Pour les formules d'alimentation se pose la question "bio ou pas bio". L'eau agissant comme un filtre se trouve affecté par les pollutions par COV (composés organiques volatiles) de son environnement, tel que démontré par des études de l'INRA de Nancy, mais aussi par les résidus de pesticides présents sur les grains conventionnels. Mais attention, les grains bio ne sont pas exempts de risque ! L'absence de traitement des grains se paye par de possibles présences de mycotoxines en cas de mauvaise préparation et de mauvais stockage de ce grain. Dans les grains du commerce, ce risque, a priori, ne doit pas exister. Quant aux aliments bio en farines ou en granulés, ils ne comportent a priori pas non plus ce genre de risques.

Poules et jardin : numéro 12 - mars 17 - Michel Andureau

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